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Produits de nettoyage, solvants, colles, fumées, poussières… Les agents chimiques font partie du quotidien de nombreuses entreprises. Mal maîtrisés, ils exposent les salariés à des risques pour la santé, mais aussi à des dangers d’incendie, d’explosion ou de pollution.
L’évaluation du risque chimique est le point de départ de la prévention. Elle ne consiste pas seulement à dresser une liste de produits : elle vise à analyser les situations de travail et les expositions réelles.
Cette démarche permet d’identifier les priorités et de construire un plan d’actions concret, intégré au DUERP, dans le cadre fixé par le Code du travail et la méthode proposée par l’INRS.
À retenir
Évaluer le risque chimique revient à croiser deux informations : la dangerosité des agents chimiques et les conditions dans lesquelles les salariés y sont réellement exposés.
L’évaluation du risque chimique fait partie des obligations de l’employeur en matière de santé et de sécurité au travail. Elle encadre l’utilisation des agents chimiques et structure les actions de prévention mises en œuvre dans l’entreprise.
Pour évaluer le risque chimique, l’employeur doit analyser à la fois les dangers des agents chimiques et les conditions réelles d’exposition des salariés.
D’après l’article R. 4412-6 du Code du travail, cette analyse s’appuie notamment sur :
Une vigilance renforcée pour les agents CMR
Une attention particulière est requise lorsque des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont présents. Ces substances font l’objet d’obligations spécifiques, notamment en matière de substitution et de réduction de l’exposition.
Pour replacer ces exigences dans leur cadre général, consultez notre guide consacré au risque chimique dans le Code du travail.
Agents CMR
Identifier les substances présentant les effets les plus graves
Les agents CMR doivent être repérés dès l’inventaire et traités en priorité dans le plan d’actions.
Le document unique d’évaluation des risques professionnels regroupe l’ensemble des risques identifiés dans l’entreprise, tous domaines confondus. Le risque chimique en fait partie.
L’évaluation du risque chimique alimente donc directement le DUERP. Elle y apporte une analyse spécifique des situations d’exposition aux agents chimiques, par activité, par unité de travail ou par poste, ainsi que les priorités de prévention associées.
Une évaluation à maintenir dans le temps
L’analyse doit être mise à jour lorsqu’un produit, un procédé, une organisation ou une mesure de prévention évolue. Elle ne constitue pas un document figé.
L’INRS propose une démarche structurée pour évaluer les risques chimiques en entreprise. Elle repose sur un enchaînement logique de quatre étapes, conçu pour passer de l’identification des dangers à la mise en place d’actions de prévention ciblées.
Cette méthode est progressive et peut être adaptée à la taille de l’entreprise, à la diversité des produits présents et au niveau de complexité des activités.
La démarche en quatre étapes
Du recensement des produits au suivi des actions
La première étape consiste à recenser l’ensemble des agents chimiques présents dans l’entreprise :
Cet inventaire doit être actualisé régulièrement. Il constitue la base de l’évaluation et conditionne la fiabilité des étapes suivantes.
Ne pas oublier les agents chimiques émis
L’inventaire ne doit pas se limiter aux produits achetés ou étiquetés. Les fumées de soudage, les poussières de bois, les gaz de combustion ou les brouillards d’huile doivent aussi être pris en compte.
Pour caractériser les dangers, plusieurs sources doivent être croisées :
Cette approche permet de tenir compte des produits, mais aussi de leurs usages réels.
Lire les fiches de données de sécurité
Pour identifier les dangers, les conditions de stockage et les mesures de protection.
Voir les formations FDSComprendre l’étiquetage CLP
Pour reconnaître les pictogrammes, les mentions de danger et les conseils de prudence.
Voir les formations CLPDès cette phase, des actions simples peuvent être mises en œuvre :
Ces premières mesures contribuent déjà à réduire le risque, avant même l’analyse détaillée des expositions.
L’analyse ne porte pas uniquement sur les produits, mais sur les situations de travail dans lesquelles ils sont utilisés ou générés.
Elle s’appuie sur l’observation des tâches et des procédés en fonctionnement normal, mais aussi pendant les phases moins fréquentes :
Observer l’activité réelle
Une procédure peut prévoir une manipulation sécurisée, tandis que les contraintes du terrain conduisent à d’autres pratiques. L’évaluation doit donc s’appuyer sur le travail effectivement réalisé.
Pour chaque situation, les principales voies d’exposition doivent être identifiées :
L’analyse prend notamment en compte :
Les conditions dans lesquelles se déroule l’activité influencent directement l’exposition. L’analyse doit notamment considérer :
Cette analyse permet de caractériser les expositions réelles et de préparer la hiérarchisation des risques.
L’évaluation du risque chimique conduit souvent à identifier de nombreuses situations d’exposition. Toutes ne présentent pas le même niveau de risque et ne peuvent pas être traitées simultanément.
La hiérarchisation permet de prioriser les actions de prévention en orientant les moyens vers les situations les plus dangereuses ou les plus exposantes.
La hiérarchisation repose sur une analyse croisée de plusieurs facteurs :
Les agents présentant des effets graves ou différés, comme les substances CMR, doivent être considérés avec une vigilance particulière.
Les valeurs limites d’exposition professionnelle, lorsqu’elles existent, constituent des repères importants pour évaluer une exposition par inhalation et identifier les situations nécessitant une action prioritaire.
Le respect d’une VLEP ne suffit pas toujours
Une valeur limite ne doit pas être interprétée comme une frontière entre une situation dangereuse et une situation sans risque. L’objectif reste de réduire l’exposition au niveau le plus bas possible, en particulier pour les agents CMR.
La hiérarchisation permet ainsi de préparer un plan d’actions cohérent, réaliste et orienté vers les enjeux les plus importants.
La hiérarchisation des risques débouche sur un plan d’actions de prévention adapté aux situations identifiées. Ce plan vise à réduire les expositions en agissant en priorité sur leurs causes.
Les actions peuvent relever de plusieurs leviers :
Respecter l’ordre des mesures de prévention
La priorité consiste à supprimer le danger ou à réduire l’exposition à la source. Les protections collectives précèdent les équipements de protection individuelle.
Les différents leviers permettant de prévenir le risque chimique sont détaillés dans notre guide dédié.
Le plan d’actions doit être formalisé. Il précise :
Lorsque la mise en place d’une mesure pérenne nécessite un délai, des mesures provisoires peuvent être prévues pour limiter l’exposition dans l’intervalle.
Le suivi permet de vérifier que les actions sont effectivement mises en œuvre, d’en évaluer l’efficacité et d’identifier la nécessité d’ajustements ou de mesures complémentaires.
Après l’évaluation
Organiser et suivre la prévention dans la durée
L’évaluation permet de définir les priorités. La gestion du risque chimique consiste ensuite à piloter les actions, suivre leur efficacité et actualiser les données.
Seirich est un logiciel développé par l’INRS pour accompagner l’évaluation des risques chimiques en entreprise. Il s’appuie sur une logique structurée, proche de la démarche réglementaire, et sert de support pour organiser et formaliser l’analyse des situations d’exposition.
Seirich peut notamment être utilisé pour :
L’outil propose plusieurs niveaux d’utilisation, ce qui permet de l’adapter à des démarches plus ou moins approfondies. Les informations saisies peuvent être réutilisées pour mettre à jour l’évaluation et alimenter le DUERP.
Seirich reste un outil d’aide
Le logiciel facilite la structuration et la traçabilité de la démarche. Il ne remplace ni l’observation du travail réel, ni les échanges avec les salariés, ni les mesures ou analyses complémentaires lorsque celles-ci sont nécessaires.
Approfondir Seirich
Comprendre le fonctionnement du logiciel avant de l’utiliser
Découvrez les principales fonctionnalités de l’outil, ses différents niveaux d’usage et sa place dans la démarche d’évaluation.
Lire notre guide sur le logiciel SeirichL’évaluation du risque chimique implique plusieurs acteurs et doit être organisée en conséquence.
Une démarche collective
La personne chargée de l’évaluation ne peut pas travailler seule. La participation des salariés est indispensable pour comprendre les pratiques, les écarts, les incidents et les contraintes rencontrées sur les postes.
La conduite d’une évaluation du risque chimique nécessite de savoir identifier les agents présents, exploiter les informations réglementaires, observer les situations de travail et hiérarchiser les risques.
Une formation dédiée peut permettre aux personnes chargées de la démarche de :
Quelle formation choisir ?
Des formations adaptées à la responsabilité de chacun
Conduire l’évaluation
Évaluation du risque chimique et Seirich
Pour les préventeurs, responsables QHSE, employeurs ou salariés chargés de piloter la démarche.
Voir les formationsComprendre les dangers
Sensibilisation aux risques chimiques
Pour permettre aux salariés exposés d’identifier les dangers et d’appliquer les consignes.
Voir les formationsIntervenir sur site industriel
France Chimie niveaux 1 et 2
Pour les salariés et les encadrants d’entreprises extérieures concernés par ces dispositifs.
Voir les formationsLes niveaux 1 et 2 ne remplacent pas l’évaluation réglementaire
Ces formations contribuent à la compréhension des dangers et à la sécurisation des interventions sur certains sites industriels. Elles ne forment pas, à elles seules, à la conduite complète de l’évaluation du risque chimique.
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Voir les formations évaluation et SeirichPour aller plus loin
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