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Les entreprises n’ont jamais autant parlé de compétences. Transformation des métiers, upskilling, reskilling… le vocabulaire est prêt, les budgets aussi. Et pour cause, selon le World Economic Forum, 22 % des emplois devraient être transformés d’ici 2030, tandis que près de 40 % des compétences sont appelées à évoluer. Dans le même temps, 63 % des employeurs pointent déjà les écarts de compétences comme le principal frein à leur transformation. Former n’est donc plus un “nice to have*”.
Et pourtant, beaucoup d’entreprises continuent de piloter la formation comme on pilote un centre de coûts bien tenu : nombre d’inscrits, taux de présence, budget consommé, note de satisfaction, et rideau.
Des indicateurs pratiques, rassurants… mais qui évitent soigneusement la seule question qui dérange vraiment : qu’est-ce que cette formation a changé, concrètement, dans le travail et dans les résultats ?
*Nice to have : c'est un plus
L’effort de formation, lui, est bien réel. En France, les entreprises et associations du privé ont consacré 25,1 milliards d’euros à la formation professionnelle en 2023. Le sujet n’est donc pas de savoir si les entreprises investissent. Elles investissent. Le sujet, c’est de savoir ce qu’elles mesurent réellement derrière cet investissement.
Car on continue très souvent de confondre trois choses pourtant bien distinctes :
Or une équipe peut avoir été formée. Une session peut avoir été appréciée. Un quiz peut avoir été réussi. Et malgré tout, rien ne peut avoir changé sur le terrain. C’est tout le paradoxe de la formation en entreprise : on peut avoir un taux de satisfaction de 9,2/10… et zéro effet notable lundi matin à 9h17.

Parce que mesurer l’impact réel est plus exigeant que mesurer la satisfaction. C’est la différence entre trouver la salle de sport agréable… et constater, quelques mois plus tard, si quelque chose a réellement changé.
La satisfaction, c’est simple. On envoie un questionnaire en fin de session, on récupère quelques verbatims, une note moyenne, deux suggestions sur le café ou la température de la salle, et l’affaire semble classée.
D’ailleurs, les chiffres vont dans ce sens : selon le Cedefop, plus de la moitié des petites entreprises et plus de 80 % des grandes mesurent la satisfaction après formation. Mais lorsqu’il s’agit d’évaluer l’impact sur les résultats, on tombe à environ deux entreprises sur cinq.
Mesurer la satisfaction n’est pas absurde. Mais s’arrêter là revient un peu à juger un traitement médical sur la qualité de l’accueil à l’hôpital.
Une formation utile laisse normalement des traces à trois niveaux.
Premier niveau : les collaborateurs ont-ils compris, retenu, assimilé ?
C’est le niveau le plus simple à objectiver. Quiz, cas pratiques, mises en situation, exercices d’application… tout cela permet de vérifier que les notions ont été intégrées, au moins sur le plan théorique. C’est utile. Évidemment. Mais cela ne suffit pas.
Parce qu’un collaborateur peut très bien réussir une évaluation en fin de module, restituer parfaitement une méthode, cocher toutes les bonnes cases… puis revenir exactement à ses anciens réflexes dès qu’il retrouve son poste, ses urgences, ses outils capricieux et ses douze mails marqués “important”.
Deuxième niveau : les équipes font-elles différemment après la formation ?
C’est ici que l’on commence à toucher à l’impact réel. Une procédure mieux appliquée. Un feedback plus structuré. Des gestes sécurité plus rigoureux. Davantage d’autonomie. Une meilleure gestion des situations complexes.
À ce stade, la formation commence à produire autre chose qu’un souvenir poli et un support PDF rangé dans un dossier “À revoir plus tard”. Elle commence à transformer les pratiques.
Troisième niveau : ce changement de comportement améliore-t-il la performance ?
C’est LA question décisive.
Moins d’erreurs. Moins de non-conformités. Une hausse du taux de transformation. Une meilleure satisfaction client. Une baisse des incidents ou des accidents. Des délais mieux tenus. La formation ne se voit plus seulement dans les intentions ou dans les discours. Elle se traduit dans les faits. Et c’est précisément ici qu’elle cesse d’être une dépense tolérée pour devenir un levier de performance crédible.
Vous voulez relier vos formations à des résultats concrets ?
Il n’existe pas un KPI magique qui permettrait d’évaluer toutes les formations, dans toutes les entreprises, sur tous les sujets. Ce serait pratique, certes.
Les indicateurs dépendent du besoin métier.
Pour une formation commerciale, on pourra regarder le taux de transformation, le panier moyen, la durée du cycle de vente ou la qualité des relances.
Pour une formation managériale, on s’intéressera au turnover, à l’absentéisme, à la qualité du feedback ou à l’engagement des équipes.
Pour une formation technique, on observera plutôt le taux d’erreur, les délais d’exécution, le recours au support ou le niveau d’autonomie.

Bonne nouvelle : mesurer l’impact d’une formation ne suppose pas forcément de lancer un chantier tentaculaire avec comité de pilotage, matrice à 14 colonnes et nom de code en anglais.
Avant même de réserver une session, il faut poser une hypothèse claire. Quel problème cherche-t-on à résoudre ?
Cela peut donner ce type d'objectif :
“Cette formation doit faire baisser les erreurs de préparation de commande.”
“Cette formation doit améliorer le taux de conversion des appels entrants.”
Dans ces cas-là, la formation est directement reliée à une situation réelle, observable. On sait ce que l’on va regarder après. On sait ce qui doit évoluer.
Plus l’objectif est concret, plus l’évaluation sera sérieuse. À l’inverse, des formulations comme “monter en compétences” ou “accompagner la transformation” ont un léger parfum de réunion bien intentionnée. Elles sonnent bien, mais elles n’aident pas beaucoup à mesurer quoi que ce soit.
On ne mesure rien sans point de départ. Mais ce point de départ ne se résume pas à quelques chiffres dans un tableau de bord.
Quel est le niveau actuel ? Quelles difficultés remontent du terrain ? Quels indicateurs sont déjà disponibles ? Quelles pratiques sont réellement observées ?
Mais aussi, dans quelles conditions les équipes travaillent-elles ? Quels outils utilisent-elles ? Quelles contraintes pèsent sur leur quotidien ? Quelles habitudes sont déjà bien installées ?
Car ce que l’on cherche à améliorer ne dépend jamais uniquement d’un indicateur. Cela dépend d’un ensemble : un environnement de travail, des méthodes, des outils, une organisation, parfois même une culture d’équipe.
Sans cette lecture globale, on risque de tirer des conclusions un peu rapides. Un indicateur ne bouge pas… et la formation est remise en cause. Alors que le problème vient peut-être d’un logiciel mal adapté, d’un manque de temps, ou d’un processus qui complique plus qu’il n’aide.
Sans cette photo complète, toute tentative d’évaluation après formation ressemble vite à une discussion d’opinion.
L’impact ne se mesure pas à la fin de la session.
Il se révèle quelques semaines plus tard, dans le quotidien, quand les équipes ont repris leurs habitudes, retrouvé leurs contraintes, et tenté, ou non, d’appliquer ce qu’elles ont appris. C’est là que l’on voit si une nouvelle pratique tient face à la pression du temps.
Si une méthode est réellement utilisée… ou simplement oubliée au fond d’un support de formation.
Si les bons réflexes prennent le dessus… ou si les anciens reviennent au premier imprévu.
Car entre la salle de formation et le terrain, il y a toujours un écart.
Un écart fait d’urgences, d’outils imparfaits, d’habitudes bien ancrées, et parfois aussi d’une organisation qui n’a pas vraiment été pensée pour faciliter le changement.
Observer à froid, c’est accepter de regarder cet écart en face.
C’est sans doute le point le plus sous-estimé de tout le sujet.
Une méta-analyse publiée dans Human Factors montre que le soutien des pairs, du superviseur et de l’organisation est positivement lié au transfert de la formation, et que l’ensemble du modèle explique 32 % du transfert observé.
Une partie importante de l’efficacité d’une formation ne dépend donc pas uniquement du contenu, du formateur ou du format.
Elle dépend du contexte dans lequel le collaborateur revient travailler. Et ce contexte a un visage : le manager.
C’est lui qui peut :

Oui, on peut parler de ROI. Mais à condition de garder un peu de sang-froid.
L’OCDE a mis en évidence, dans une étude sur l’effet de la formation en entreprise, des impacts positifs sur les ventes, la valeur ajoutée, l’emploi, la productivité et les exportations, avec des effets d’au moins 5 %, et parfois de 10 % ou davantage.
Mais cela ne signifie pas que chaque action de formation peut être ramenée à un ROI net, pur, incontestable, comme on calculerait la rentabilité d’une machine neuve.
Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, les résultats dépendent aussi du management, de l’organisation, des outils, de la charge, du contexte économique, et de la maturité des équipes.
Le ROI n’est donc pas toujours une vérité mathématique. C’est souvent une démonstration sérieuse, construite à partir d’indices convergents.
Au fond, la question n’est pas de savoir si vos équipes ont été formées. Ni même si la session a été appréciée. La vraie question, c’est : qu’est-ce que cela a changé, concrètement, dans le travail ? Si vous êtes capable d’y répondre, vous êtes déjà en train de mesurer l’impact.
Sinon, le problème n’est sans doute pas votre questionnaire de satisfaction. C’est votre point de départ.
Chez oùFormer, nous pensons que la formation mérite mieux qu’un pilotage en volume. Elle mérite une logique d’utilité réelle. Parce qu’une formation réussie n’est pas seulement une formation suivie. C’est une formation qui améliore quelque chose d’important.
Vous cherchez des formations adaptées à vos objectifs opérationnels ?
Sources utilisées
World Economic Forum – Données prospectives sur l’évolution des emplois et des compétences à horizon 2030 (Future of Jobs Report).
Cedefop – Études européennes sur les pratiques de formation en entreprise, notamment sur la mesure de la satisfaction et de l’impact.
OCDE – Travaux sur les effets de la formation professionnelle sur la performance des entreprises (productivité, valeur ajoutée, emploi).
DARES – Données statistiques sur l’effort de formation des entreprises en France et l’accès des salariés à la formation.
Les données présentées dans cet article sont issues de sources institutionnelles et d’études reconnues. Elles visent à éclairer les pratiques de formation en entreprise, mais ne remplacent pas une analyse spécifique à chaque organisation. Cet article a été rédigé par Audrey, rédactrice chez oùFormer.
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