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Lorsque l’on parle de réglementation du transport de matières dangereuses (TMD), plusieurs textes internationaux existent selon le mode de transport : ADR (route), RID (rail), ADN (fluvial), IMDG (maritime) et IATA pour le transport aérien.
Dans cet article, nous nous appuierons principalement sur l’ADR, la réglementation applicable au transport routier. La route est aujourd’hui le mode de transport le plus utilisé pour acheminer les marchandises dangereuses, avec plus de la moitié des volumes transportés en Europe (Eurostat).
L’ADR occupe également une place centrale dans l’écosystème réglementaire du TMD. C’est l’un des textes les plus complets et opérationnels. Il définit notamment la classification des marchandises dangereuses, les numéros ONU, les règles d’emballage, l’étiquetage, la documentation et les obligations de formation des professionnels.
Comprendre l’ADR permet donc de saisir les grands principes de la réglementation du transport de matières dangereuses, largement repris dans les autres réglementations comme l’IMDG ou l’IATA.
Sommaire
En France, la réglementation du transport de matières dangereuses (TMD) repose sur l’application des accords internationaux complétée par un cadre juridique national. Le texte de référence est l’arrêté du 29 mai 2009 modifié, généralement appelé arrêté TMD.
Cet arrêté permet de mettre en œuvre et d’adapter en droit français les principales réglementations internationales applicables au transport de marchandises dangereuses par voie terrestre. Il rend notamment applicables sur le territoire national :
L’arrêté TMD précise également les modalités d’application de ces réglementations en France : obligations des entreprises, responsabilités des différents intervenants de la chaîne logistique, désignation du conseiller à la sécurité pour le transport de marchandises dangereuses (CSTMD), ainsi que certaines dispositions spécifiques au contexte national.
En pratique, ce texte est donc le cadre réglementaire de référence pour les entreprises françaises qui expédient, transportent, chargent ou déchargent des marchandises dangereuses par voie terrestre.
La réglementation du transport de matières dangereuses repose sur un principe fondamental : identifier précisément le danger présenté par chaque substance afin d’appliquer les règles de transport adaptées. Pour cela, les réglementations s’appuient sur un système de classification commun qui permet de déterminer les conditions d’emballage, d’étiquetage et de transport.
La première étape revient donc à classer la marchandise dangereuse en fonction des risques qu’elle présente pour les personnes, les biens ou l’environnement. Cette classification repose sur des critères physico-chimiques et toxicologiques : inflammabilité, toxicité, corrosivité, réactivité chimique ou encore risque d’explosion.
Les marchandises dangereuses sont ainsi réparties en classes de danger, qui permettent d’identifier rapidement la nature du risque associé au produit transporté.
| Classe ADR | Type de danger | Exemples de marchandises |
|---|---|---|
| Classe 1 | Matières et objets explosibles | Explosifs industriels, munitions, feux d’artifice |
| Classe 2 | Gaz | Propane, butane, gaz comprimés ou liquéfiés |
| Classe 3 | Liquides inflammables | Essence, solvants, alcool, peintures |
| Classe 4.1 | Matières solides inflammables, matières autoréactives, matières explosibles désensibilisées solides et matières qui polymérisent | Soufre, poudres métalliques, matières autoréactives |
| Classe 4.2 | Matières sujettes à l'inflammation spontanée | Phosphore blanc, charbon actif humide |
| Classe 4.3 | Matières qui, au contact de l’eau, dégagent des gaz inflammables | Sodium, carbure de calcium |
| Classe 5.1 | Matières comburantes | Nitrates, chlorates, peroxydes inorganiques |
| Classe 5.2 | Peroxydes organiques | Catalyseurs chimiques, peroxydes industriels |
| Classe 6.1 | Matières toxiques | Pesticides, cyanures, substances toxiques |
| Classe 6.2 | Matières infectieuses | Échantillons biologiques, déchets médicaux infectieux |
| Classe 7 | Matières radioactives | Combustible nucléaire, isotopes médicaux |
| Classe 8 | Matières corrosives | Acides forts, soude caustique |
| Classe 9 | Matières et objets dangereux divers | Batteries lithium, substances dangereuses pour l’environnement |
Cette classification est la base de toute la réglementation TMD, car elle permet d’appliquer les mesures de prévention adaptées au niveau de danger du produit transporté.
Chaque marchandise dangereuse se voit attribuer un numéro ONU (ou numéro UN), composé de quatre chiffres. Ce numéro est la carte d’identité internationale de la substance dans les réglementations du transport de marchandises dangereuses.
Le numéro ONU permet d’identifier de manière standardisée :
Ce système facilite l’identification des produits dangereux tout au long de la chaîne logistique et permet aux transporteurs, aux autorités de contrôle ou aux services de secours de connaître immédiatement les risques associés à la marchandise transportée.
Bon à savoir
Il existe aujourd’hui plus de 3 000 numéros ONU permettant d’identifier les substances et objets dangereux utilisés dans l’industrie, la logistique ou la chimie.
Quelques exemples courants :
La liste complète des marchandises dangereuses est définie dans les Recommandations des Nations unies relatives au transport des marchandises dangereuses et reprise dans la liste officielle de l’ADR (chapitre 3.2). La liste ADR est mise à jour tous les deux ans
Pour certaines matières dangereuses, la réglementation prévoit également un groupe d’emballage qui indique le niveau de danger présenté par la substance pour le transport.
On distingue trois groupes d’emballage :
Le groupe d’emballage permet notamment de déterminer le niveau de résistance requis pour les emballages, ainsi que certaines conditions de transport spécifiques.
En combinant classe de danger, numéro ONU et groupe d’emballage, la réglementation définit précisément les règles applicables à chaque marchandise dangereuse : type d’emballage autorisé, étiquetage, documentation de transport et mesures de sécurité.
Une fois la marchandise dangereuse identifiée et classée, la réglementation impose des règles strictes concernant l’emballage, le marquage et l’étiquetage des colis. Ces exigences permettent de garantir la sécurité du transport et d’identifier immédiatement les risques associés à la marchandise.
Les règles applicables dépendent directement de la classification réglementaire du produit : classe de danger, numéro ONU et groupe d’emballage.
Les marchandises dangereuses doivent être transportées dans des emballages homologués, capables de résister aux contraintes du transport : chocs, vibrations, pression ou variations de température.
Ces emballages sont soumis à des tests réglementaires réalisés par des organismes agréés. Ils doivent notamment démontrer leur résistance à différentes épreuves, comme :
Une fois homologué, l’emballage reçoit un marquage réglementaire qui indique notamment le type d’emballage, le groupe d’emballage autorisé et l’organisme ayant validé les essais.
Chaque colis contenant une marchandise dangereuse doit également comporter un marquage spécifique permettant d’identifier rapidement la nature du produit transporté.
Ce marquage comprend notamment :
Ce marquage permet aux transporteurs, aux autorités de contrôle et aux services de secours d’identifier immédiatement la marchandise et les risques associés.
En complément du marquage, les colis doivent porter une ou plusieurs étiquettes de danger correspondant à la classe de danger de la marchandise.
Ces étiquettes normalisées utilisent des pictogrammes et des couleurs spécifiques pour signaler la nature du danger.

Exemples d'étiquettes de marchandises dangereuses ADR et IMO
Au-delà de la classification, de l’emballage et de l’étiquetage, la réglementation impose également la présence de documents de transport spécifiques. Ces documents permettent d’identifier les marchandises dangereuses transportées, de vérifier leur conformité réglementaire et de fournir les informations nécessaires en cas de contrôle ou d’incident.
Ils sont un élément essentiel de la traçabilité du transport de matières dangereuses.
Le document de transport ADR accompagne chaque envoi de marchandises dangereuses. Il contient les informations nécessaires pour identifier précisément la marchandise transportée.
Ce document doit notamment mentionner :
Ces informations permettent aux transporteurs, aux autorités de contrôle et aux services de secours d’identifier rapidement les risques associés à la marchandise.
« L’expéditeur doit remettre au transporteur les renseignements et informations ainsi que les documents de transport prescrits par l’ADR. » (ADR – section 1.4.2.1)
Dans certaines situations, une déclaration de marchandises dangereuses doit également être établie par l’expéditeur.
Ce document atteste que :
La déclaration engage la responsabilité de l’expéditeur et garantit que l’envoi respecte les exigences réglementaires applicables.
Dans le transport routier, le conducteur doit disposer de consignes écrites de sécurité, prévues par l’ADR.
Ces consignes décrivent notamment :
Elles permettent au conducteur de réagir rapidement et efficacement en cas de situation dangereuse.
Lorsque le transport concerne certaines marchandises dangereuses, le conducteur doit également être titulaire d’un certificat ADR conducteur.
Ce certificat atteste que le conducteur a suivi une formation spécifique au transport de marchandises dangereuses et qu’il maîtrise les règles de sécurité applicables.
Il est délivré après réussite à un examen et doit être renouvelé périodiquement par une formation de recyclage, afin de tenir compte des évolutions de la réglementation.
La réglementation du transport de matières dangereuses ne concerne pas uniquement les transporteurs. Toute entreprise impliquée dans la chaîne logistique peut être concernée : expéditeur, chargeur, emballeur, commissionnaire de transport, transporteur ou destinataire.
Ces acteurs doivent respecter un ensemble d’obligations destinées à garantir la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement tout au long du transport.
L’une des principales obligations concerne la formation des personnes impliquées dans le transport de marchandises dangereuses.
Selon la réglementation ADR, toute personne dont les fonctions concernent la préparation, l’expédition, la manutention ou le transport de marchandises dangereuses doit recevoir une formation adaptée à ses responsabilités.
Cette formation comprend généralement :
L’objectif est de permettre aux professionnels de comprendre les dangers associés aux marchandises transportées et d’appliquer correctement les règles de sécurité.
Certaines entreprises doivent également désigner un Conseiller à la Sécurité pour le Transport de Marchandises Dangereuses (CSTMD).
Cette obligation concerne notamment les entreprises qui réalisent des opérations de :
Le conseiller à la sécurité a pour mission de veiller au respect de la réglementation, d’analyser les pratiques de l’entreprise et de proposer des mesures visant à réduire les risques liés au transport de marchandises dangereuses.
« Chaque entreprise dont l’activité comporte le transport de marchandises dangereuses par route, ou les opérations d’emballage, de chargement, de remplissage ou de déchargement liées à ces transports, doit désigner un conseiller à la sécurité pour le transport de marchandises dangereuses. » (ADR – section 1.8.3)
La réglementation TMD repose sur une répartition précise des responsabilités entre les différents acteurs de la chaîne logistique.
Chaque intervenant doit s’assurer que les opérations relevant de sa responsabilité sont réalisées conformément à la réglementation. Par exemple :
Cette organisation vise à sécuriser l’ensemble de la chaîne de transport.
Enfin, les entreprises doivent être en mesure de démontrer le respect de la réglementation.
Cela implique notamment :
Chaque année en Europe, plus de 150 000 contrôles ADR sont réalisés sur les véhicules transportant des marchandises dangereuses. Environ 20 à 25 % des contrôles révèlent au moins une non-conformité.
Bon à savoir
Le respect de la réglementation relative au transport de matières dangereuses peut être contrôlé par plusieurs autorités, notamment la gendarmerie, la police nationale, les douanes et les services de la DREAL. Ces contrôles peuvent être réalisés lors de contrôles routiers ou directement au sein des entreprises.
La réglementation du transport de matières dangereuses impose également des obligations de formation pour les professionnels intervenant dans la chaîne logistique. L’objectif est de garantir que les personnes manipulant, préparant ou transportant ces marchandises connaissent les risques associés et maîtrisent les règles de sécurité applicables.
Le type de formation dépend principalement du rôle occupé dans la chaîne logistique et du mode de transport utilisé.
La formation ADR conducteur concerne les conducteurs qui transportent des marchandises dangereuses par route. Elle est obligatoire pour conduire certains véhicules transportant ces produits.
Cette formation permet d’obtenir le certificat ADR, qui atteste que le conducteur maîtrise :
Le certificat ADR est délivré après un examen et doit être renouvelé tous les 5 ans par une formation de recyclage.

La formation ADR 1.3 concerne les professionnels qui interviennent dans la préparation ou la gestion des marchandises dangereuses sans être conducteurs.
Elle s’adresse notamment :
Cette formation permet de comprendre les principes de la réglementation ADR, les règles de classification, d’étiquetage et de documentation des marchandises dangereuses.

La formation IATA concerne le transport aérien de marchandises dangereuses. Elle repose sur la réglementation IATA DGR (Dangerous Goods Regulations), qui encadre les conditions d’expédition par avion.
Ces formations sont généralement suivies par :
Elles abordent notamment les règles de classification, les exigences d’emballage, la documentation aérienne et les restrictions spécifiques au transport par avion.

La formation IMDG concerne le transport maritime de marchandises dangereuses et s’appuie sur le code IMDG (International Maritime Dangerous Goods Code).
Elle s’adresse notamment :
Les programmes de formation portent notamment sur la classification des marchandises dangereuses, les règles d’emballage et d’étiquetage, ainsi que la documentation spécifique au transport maritime.

La réglementation du transport de matières dangereuses prévoit également certaines exemptions. Dans des situations spécifiques, les exigences réglementaires peuvent être allégées lorsque les risques liés au transport sont considérés comme limités.
Ces exemptions permettent d’adapter la réglementation à certaines situations pratiques, tout en maintenant un niveau de sécurité suffisant.
Dans certains cas, la réglementation prévoit des exemptions lorsque les quantités transportées sont très faibles.
Par exemple, l’ADR prévoit des seuils appelés quantités transportées par unité de transport (notamment la règle du 1.1.3.6). Lorsque les quantités de marchandises dangereuses transportées restent en dessous de ces seuils, certaines obligations peuvent être allégées.
Cela peut notamment concerner :
Ces exemptions restent toutefois encadrées et ne dispensent pas du respect des règles essentielles de sécurité.
La réglementation prévoit également un régime spécifique appelé quantités limitées (Limited Quantities – LQ).
Ce dispositif permet de transporter certaines marchandises dangereuses dans des emballages de petite capacité, à condition de respecter des règles précises concernant l’emballage et le conditionnement.
Dans ce cadre :
Ce régime est fréquemment utilisé pour le transport de produits de consommation courante contenant des substances dangereuses, comme certains aérosols, produits chimiques ou produits de parfumerie.
La réglementation prévoit également d’autres exemptions spécifiques, liées par exemple :
Ces exemptions sont précisément définies dans les textes réglementaires, notamment dans l’ADR, et doivent être appliquées avec prudence. Elles ne suppriment pas l’obligation générale de garantir la sécurité du transport et la protection des personnes et de l’environnement.
Références réglementaires
Les exemptions applicables au transport de marchandises dangereuses sont définies dans le chapitre 1.1.3 de l’ADR. Ce chapitre précise les situations dans lesquelles certaines prescriptions ne s’appliquent pas, notamment en fonction de la nature du transport ou des quantités transportées.
Le transport de matières dangereuses repose sur un cadre réglementaire strict destiné à prévenir les accidents et à protéger les personnes, les biens et l’environnement. Classification des substances, règles d’emballage, documents de transport, responsabilités des acteurs ou obligations de formation : chaque étape de la chaîne logistique est encadrée par des exigences précises.
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Sources officielles utilisées
Légifrance – Référence à l’arrêté du 29 mai 2009 modifié relatif au transport de marchandises dangereuses par voies terrestres (dit « arrêté TMD »), qui transpose en droit français les dispositions des accords internationaux ADR, RID et ADN.
Commission économique des Nations unies pour l’Europe (UNECE) – Accord ADR (Accord relatif au transport international des marchandises dangereuses par route), notamment les chapitres relatifs à la classification des marchandises dangereuses, aux documents de transport et aux obligations des acteurs de la chaîne logistique.
Recommandations de l’ONU sur le transport des marchandises dangereuses – Système international de classification des matières dangereuses, numéros ONU, classes de danger et principes d’harmonisation des réglementations de transport.
Ministère de la Transition écologique – Cadre réglementaire français relatif au transport de matières dangereuses et aux obligations des entreprises impliquées dans la chaîne logistique.
Les informations réglementaires présentées dans ce contenu sont fondées sur les textes en vigueur à la date de mise à jour. Elles peuvent évoluer au fil des révisions de l’ADR et des arrêtés réglementaires. Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale oùFormer, spécialiste des formations réglementaires et de la conformité en entreprise.
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