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La cybersécurité change d'échelle avec la directive européenne NIS 2 (Network and Information Systems). Elle élargit le nombre d'organisations concernées et renforce les obligations qui leur sont imposées. Pour celles qui entrent dans le périmètre, la question n'est plus seulement quoi faire, mais aussi ce qui se passe en cas de manquement.
Contrôles, injonctions, amendes, responsabilité du management, conséquences sur l'activité… Le dispositif prévu par NIS 2 va bien au-delà d'une simple sanction financière et repose sur une logique progressive, encadrée par le droit européen puis le droit national.
Dans cet article, nous faisons le point sur les sanctions prévues par NIS 2, la manière dont elles peuvent être déclenchées et les leviers à activer pour en limiter les risques.
Sommaire
La réponse repose sur un équilibre entre cadre européen et mise en œuvre nationale.
La directive NIS 2 pose un socle commun de règles en matière de supervision et de sanction à l'échelle de l'Union européenne. Son objectif est clair : renforcer le niveau de cybersécurité des organisations exposées, tout en harmonisant les pratiques entre États membres. Elle définit les principes, les types de contrôles possibles et les plafonds de sanctions, sans entrer dans le détail opérationnel.
Mais attention à un point clé : NIS 2 ne prévoit pas de contrôleur unique au niveau européen. La directive laisse à chaque État membre le soin d'organiser concrètement son dispositif. Cela signifie que chaque pays :
La transposition nationale est déterminante. C'est elle qui permet de savoir qui contrôle, comment, à quel moment et avec quels leviers. Pour les entreprises, comprendre ce cadre local est indispensable pour mesurer les risques réels en cas de non-conformité.
En France, l'autorité nationale compétente chargée de l'application de NIS 2 est l'ANSSI (l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information).
Au cœur du dispositif, l'ANSSI assure :
Concrètement, ses pouvoirs couvrent un large spectre : demandes d'informations, audits de cybersécurité, inspections sur site ou à distance, suivi des injonctions de mise en conformité. Selon le profil de l'entité, les contrôles peuvent intervenir à tout moment ou être déclenchés par un signal précis.
À savoir
La directive NIS 2 prévoit une obligation de formation. En revanche, elle n'impose ni programme de formation standardisé, ni durée minimale, ni certification officielle.
Sur oùFormer, plusieurs formations consacrées à NIS 2 sont référencées. Elles visent à accompagner les organisations dans la compréhension du cadre réglementaire, des responsabilités associées et des principes de mise en oeuvre, selon les profils concernés (dirigeants, responsables conformité, équipes en charge de la cybersécurité).
Un contrôle ou une sanction NIS 2 font le plus souvent suite à un manquement identifié, un signal faible ou un défaut de conformité constaté par l'autorité compétente.
Plusieurs situations peuvent ainsi déclencher l'intervention du régulateur :
Dans la pratique, la sanction intervient rarement en première intention. Les contrôles visent d'abord à vérifier la conformité et à corriger les écarts. Ce sont la persistance des manquements, l'absence de réaction ou la gravité des situations qui exposent réellement à des mesures plus contraignantes.
Découvre dans cet article les obligations des entreprises et de leurs prestataires face à la directive NIS 2.
Avant toute sanction financière, la directive NIS 2 prévoit une phase de supervision et de contrôle. L'objectif n'est pas de sanctionner immédiatement, mais de vérifier le niveau de conformité des entités concernées et de corriger les écarts identifiés.
La directive NIS 2 distingue les modalités de contrôle en fonction du degré de criticité des organisations :
La directive NIS 2 encadre les outils de supervision et de contrôle dont disposent les autorités compétentes. Leur objectif n'est pas uniquement de sanctionner, mais avant tout de vérifier la conformité réelle des entités concernées et d'identifier les écarts éventuels.
Ces moyens s'appliquent selon des modalités différentes pour les entités essentielles et importantes, mais reposent sur un socle commun.
Les autorités peuvent recourir à :
Lorsque ces pouvoirs sont exercés, la directive prévoit que l'autorité compétente précise la finalité de ses demandes et les informations attendues. Une manière de garantir un cadre proportionné, tout en donnant aux autorités les moyens nécessaires pour exercer une supervision effective.
Selon la situation, les autorités peuvent :
Si ces mesures s'avèrent insuffisantes ou restent sans effet, la directive prévoit la possibilité de recourir à des mesures plus contraignantes, pouvant aller jusqu'à la suspension temporaire de certaines activités ou à des restrictions visant des fonctions dirigeantes, dans les conditions prévues par le droit national.
Dans tous les cas, ces décisions doivent respecter les droits de la défense et tenir compte des circonstances propres à chaque situation.
Les amendes sont l'ultime levier du dispositif NIS 2. Elles n'interviennent pas de manière automatique, mais en complément des mesures de contrôle et d'exécution, lorsque les manquements persistent ou présentent un niveau de gravité élevé. La directive encadre leurs montants et les critères d'appréciation.
La directive NIS 2 fixe des plafonds d'amendes élevés, différenciés selon la catégorie de l'entité concernée :
Ce mécanisme vise à garantir un effet réellement dissuasif, y compris pour les organisations de grande taille, en évitant que l'amende ne soit perçue comme un simple coût d'exploitation.
La directive ne prévoit pas de sanction forfaitaire. Le montant de l'amende est apprécié au cas par cas, sur la base de critères précis, afin de respecter un principe de proportionnalité.
L'autorité compétente tient notamment compte :
Avec NIS 2, la cybersécurité n'est plus seulement une affaire technique. La directive place la gouvernance et le rôle des dirigeants au cœur du dispositif, en renforçant les attentes vis-à-vis du niveau décisionnel.
La directive impose une implication directe de la direction dans la politique de cybersécurité de l'organisation. Concrètement, le management doit :
Il s'agit avant tout d'une responsabilité organisationnelle. La directive ne prévoit pas de sanction pénale automatique à l'encontre des dirigeants. En revanche, elle ouvre la voie à une responsabilisation renforcée du management, dont les modalités concrètes dépendent du droit national issu de la transposition.
À lire : notre article sur le plan de continuité d'activité
Au-delà des sanctions administratives prévues par la directive, le non-respect de NIS 2 peut entraîner des conséquences opérationnelles directes pour l'entreprise concernée. Ces effets ne relèvent pas du cadre juridique stricto sensu, mais de la manière dont les acteurs économiques intègrent désormais la cybersécurité dans leurs relations commerciales.
Concrètement, une entreprise soumise à NIS 2 qui ne respecte pas ses obligations peut faire face à :
Limiter le risque de sanction repose avant tout sur une approche anticipée et structurée. La directive accorde une place importante aux efforts réels de conformité et à la capacité des entités à démontrer leur démarche.
Pour réduire concrètement l'exposition au risque :
Article mis à jour en janvier 2026
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