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Vérification des EPI : réglementation, fréquence et obligations

Un harnais rangé dans son sac depuis des mois, un gilet de sauvetage qui n’a jamais servi, un appareil respiratoire stocké pour les situations d’urgence… Un EPI peut sembler en parfait état et pourtant nécessiter une vérification avant de pouvoir être utilisé.


Le Code du travail prévoit plusieurs niveaux de contrôle des équipements de protection individuelle.


Mais attention à une idée reçue : tous les EPI ne sont pas soumis à une vérification réglementaire annuelle. La fréquence et le type de contrôle dépendent de l’équipement, de son utilisation et, pour certains EPI, de règles précises fixées par la réglementation.

L’essentiel

L’employeur doit maintenir les EPI en bon état et organiser les contrôles nécessaires. Pour cinq familles d’EPI définies par l’arrêté du 19 mars 1993, dont les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur, une vérification générale périodique doit avoir été réalisée depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation. Elle est confiée à une personne qualifiée, interne ou externe à l’entreprise, et son résultat est tracé dans le registre de sécurité.

Que dit le Code du travail sur la vérification des EPI ?

La vérification n’arrive pas seule dans la vie d’un EPI. L’employeur doit d’abord choisir un équipement adapté au risque, le mettre à disposition dans de bonnes conditions, assurer son entretien et le remplacer lorsqu’il ne permet plus de protéger correctement le salarié.


L’article R.4323-95 du Code du travail prévoit ainsi que l’employeur assure le bon fonctionnement des EPI et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant grâce aux entretiens, réparations et remplacements nécessaires.


Pour certains équipements, le Code va plus loin. Les articles R.4323-99 à R.4323-103 organisent des vérifications générales périodiques destinées à détecter suffisamment tôt les défauts susceptibles de créer une situation dangereuse.

Maintenir

Garder l’EPI en bon état

Entretien, réparations, stockage et remplacement font partie du suivi de l’équipement tout au long de sa durée de vie.

Vérifier

Repérer les défauts à temps

Les vérifications périodiques servent à identifier les détériorations ou anomalies pouvant réduire le niveau de protection attendu.

Tracer

Conserver le résultat

Lorsque la vérification relève des articles R.4323-99 et suivants, son résultat doit être enregistré dans le registre de sécurité.

Quels EPI doivent faire l’objet d’une vérification périodique ?

C’est probablement le point qui prête le plus à confusion. La réglementation n’impose pas la même vérification annuelle à tous les casques, gants, lunettes, chaussures, protections auditives ou autres EPI présents dans une entreprise.


L’arrêté du 19 mars 1993 désigne cinq familles d’équipements qui, lorsqu’ils sont en service ou en stock, doivent avoir fait l’objet d’une vérification générale périodique depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation.

Respiration

Appareils respiratoires autonomes d’évacuation

Le contrôle porte notamment sur leur état et sur les éléments nécessaires à leur bon fonctionnement.

Milieu hostile

Équipements destinés aux interventions accidentelles

Sont visés les appareils respiratoires et équipements complets prévus pour intervenir accidentellement en milieu hostile.

Sauvetage

Gilets de sauvetage gonflables

La vérification s’intéresse notamment à la source de gaz, à l’étanchéité et au fonctionnement du dispositif de déclenchement.

Travail en hauteur

Systèmes de protection individuelle contre les chutes

Les systèmes antichute font partie des équipements expressément visés par l’arrêté.

Protection respiratoire

Stocks de cartouches filtrantes antigaz

Même stockées et non encore utilisées, ces cartouches entrent dans le champ de l’arrêté.

À retenir

« EPI de catégorie III » et « EPI soumis à la vérification des douze mois » ne sont pas deux expressions équivalentes. La catégorie III regroupe plus largement des EPI protégeant contre des risques pouvant entraîner des conséquences très graves. Pour savoir si la périodicité prévue par l’arrêté du 19 mars 1993 s’applique, il faut regarder si l’équipement appartient à l’une des familles expressément visées par ce texte.

Pour les autres EPI, cela ne signifie évidemment pas « aucun contrôle ». L’employeur reste responsable de leur bon fonctionnement et de leur maintien en état. La nature et la fréquence des vérifications doivent notamment tenir compte de l’utilisation réelle de l’équipement, de son exposition à l’usure ou à des agents agressifs et des instructions du fabricant.


L’INRS rappelle ainsi que la périodicité doit être adaptée aux contraintes rencontrées pendant l’utilisation et aux indications données dans la notice de l’EPI.


La vérification annuelle des EPI est-elle obligatoire ?

On parle souvent de « vérification annuelle des EPI ». L’expression est pratique, mais le texte réglementaire est un peu plus précis.


Pour les cinq familles visées par l’arrêté du 19 mars 1993, l’équipement doit avoir fait l’objet d’une vérification générale périodique depuis moins de douze mois au moment où il est utilisé.

En clair

Un harnais vérifié le 10 septembre 2025 ne peut pas simplement attendre « la vérification annuelle de septembre » si l’entreprise souhaite encore l’utiliser après le 10 septembre 2026. Au moment de son utilisation, sa dernière vérification réglementaire doit dater de moins de douze mois.

Douze mois représentent par ailleurs une échéance réglementaire pour les équipements concernés, pas une garantie de tranquillité pendant toute l’année. Une utilisation intensive, un environnement agressif, une dégradation visible ou les prescriptions du fabricant peuvent amener l’entreprise à intervenir bien avant cette date.


Qui peut effectuer la vérification des EPI ?

Pas nécessairement un organisme extérieur. L’article R.4323-100 du Code du travail prévoit que les vérifications périodiques sont réalisées par des personnes qualifiées appartenant ou non à l’établissement.


Le vérificateur peut donc être un salarié de l’entreprise ou un intervenant extérieur. Dans les deux cas, il doit disposer des compétences nécessaires pour les EPI examinés et connaître les dispositions réglementaires correspondantes.


La liste des personnes chargées de ces vérifications doit être tenue à la disposition de l’inspection du travail.

Une certification de « vérificateur EPI » est-elle imposée par le Code du travail ?
Les articles R.4323-99 à R.4323-103 n’imposent pas un diplôme national ou une certification portant ce nom. Ils exigent en revanche une personne qualifiée, avec les compétences nécessaires pour les équipements qu’elle vérifie et la connaissance des règles applicables. Une formation dédiée peut aider l’entreprise à acquérir et à formaliser ces compétences.

Cette nuance est importante. Savoir utiliser un EPI ne suffit pas automatiquement pour être capable d’en réaliser la vérification périodique. Il faut savoir examiner l’équipement concerné, interpréter sa notice, identifier les défauts, connaître les critères de retrait et tracer correctement le résultat.


Comment se déroule la vérification d’un EPI ?

Il n’existe pas une checklist universelle valable pour un harnais, un gilet de sauvetage et un appareil respiratoire. Le contenu du contrôle dépend de l’équipement et des instructions prévues par son fabricant.


L’arrêté du 19 mars 1993 donne néanmoins le cap : vérifier le bon état des équipements en service ou en stock, contrôler le respect des conditions de stockage et prendre les mesures nécessaires lorsqu’un EPI atteint sa durée de vie ou sa date de péremption.

1. Identifier

Identifier précisément l’équipement et retrouver les informations nécessaires à son suivi : modèle, fabricant, notice et données de traçabilité disponibles.

2. Examiner

Rechercher les signes d’usure, de détérioration ou de mauvais fonctionnement selon les points de contrôle propres à l’EPI.

3. Vérifier le stockage

S’assurer que les conditions de conservation respectent les instructions du fabricant et n’ont pas pu altérer l’équipement.

4. Décider

Maintenir l’EPI en service, demander un examen complémentaire ou le retirer lorsqu’un défaut, une péremption ou un critère de mise au rebut le justifie.

5. Tracer

Enregistrer le résultat de la vérification afin de connaître l’état de l’équipement et l’historique de son suivi.

La notice du fabricant reste donc un document central. Deux EPI qui se ressemblent peuvent avoir des matériaux, des durées de vie, des points de contrôle ou des critères de retrait différents.


Vérification des EPI antichute : des équipements particulièrement concernés

Dans le travail en hauteur, la vérification des EPI prend une importance particulière : le matériel est destiné à protéger le travailleur contre un risque de chute pouvant avoir des conséquences graves ou mortelles.


Les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur apparaissent directement dans la liste de l’arrêté du 19 mars 1993. Ils doivent donc avoir fait l’objet de la vérification périodique réglementaire depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation.


Selon le système utilisé, le contrôle peut concerner différents équipements tels que :

  • le harnais antichute 
  • les longes et absorbeurs d’énergie 
  • les antichutes mobiles 
  • les antichutes à rappel automatique 
  • les connecteurs intégrés au système 
  • plus largement, les différents composants entrant dans le système individuel utilisé, selon leur nature et les instructions des fabricants

Pour ces systèmes, l’arrêté cite notamment l’examen de l’état général des coutures et des modes de fixation. En pratique, la vérification doit aller jusqu’aux points prévus par la notice du fabricant pour l’équipement concerné.


L’INRS rappelle également que les EPI antichute doivent être stockés dans les conditions définies par le fabricant et contrôlés avant leur utilisation.

En pratique

Un autocollant indiquant une date de contrôle ne suffit pas à lui seul à dire qu’un EPI est utilisable. Son état au moment du travail compte toujours. Une sangle coupée, un élément déformé ou un autre défaut visible doit être signalé, même si la dernière vérification périodique date de quelques semaines.

Contrôle avant utilisation et vérification périodique : quelle différence ?

Les deux sont complémentaires, mais ils ne répondent pas au même besoin.

Avant utilisation

Repérer un problème immédiatement visible

L’utilisateur examine l’état apparent de son EPI avant de s’en servir. Déchirure, fissure, déformation, usure anormale ou dysfonctionnement doivent l’alerter.

Vérification périodique

Examiner l’EPI de manière organisée

Elle est planifiée sous la responsabilité de l’employeur et réalisée par une personne disposant des compétences adaptées. Pour les EPI visés par l’arrêté, elle répond aux exigences réglementaires prévues pour ces équipements.

Le contrôle réalisé par le porteur avant de commencer son travail ne remplace donc pas la vérification périodique. Et l’inverse est également vrai. Une vérification périodique récente ne dispense pas l’utilisateur de regarder l’état de son équipement avant de s’en servir.


Comment assurer la traçabilité des vérifications des EPI ?

Une vérification doit laisser une trace. L’article R.4323-101 du Code du travail demande que le résultat des vérifications périodiques soit consigné sur le ou les registres de sécurité.


Lorsque le contrôle est réalisé par une personne extérieure à l’établissement, le rapport correspondant est annexé au registre. À défaut, le registre doit permettre de retrouver précisément la date de la vérification, la date de remise du rapport et son lieu d’archivage.


Pour disposer d’un suivi réellement exploitable au quotidien, l’entreprise a intérêt à pouvoir retrouver facilement :

  • l’équipement concerné 
  • la date du contrôle 
  • la personne ayant réalisé la vérification 
  • le résultat du contrôle 
  • les éventuelles observations ou anomalies 
  • la décision prise : maintien en service, retrait, réparation ou examen complémentaire selon le cas.

Le Code autorise la tenue et la conservation du registre et des rapports sur différents supports. Une organisation numérique est donc possible dès lors qu’elle permet de conserver et de présenter les informations requises.


Pourquoi se former à la vérification des EPI ?

Le Code du travail demande une personne qualifiée, capable de réaliser sa mission sur les EPI concernés et de connaître la réglementation applicable. Pour une entreprise qui souhaite gérer tout ou partie de ces contrôles en interne, la formation permet d’acquérir une méthode et de sécuriser les pratiques.

Selon les programmes, une formation à la vérification des EPI peut notamment aborder :

  • les obligations réglementaires 
  • l’identification des différents équipements 
  • la lecture des notices fabricants 
  • les points de contrôle selon les EPI étudiés 
  • les signes d’usure et les critères de retrait 
  • les conditions de stockage 
  • la traçabilité et le suivi des vérifications.

Le périmètre doit cependant être regardé de près avant de choisir une formation. Certains programmes portent essentiellement sur les EPI contre les chutes de hauteur, tandis que d’autres abordent plus largement la gestion et la vérification de différentes familles d’équipements.

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Questions fréquentes sur la vérification des EPI

Tous les EPI doivent-ils être vérifiés une fois par an ?

Non. L’arrêté du 19 mars 1993 impose la règle des moins de douze mois à cinq familles d’EPI précises. Les autres EPI restent soumis aux obligations de maintien en bon état et aux contrôles adaptés à leur utilisation et aux instructions du fabricant.

Qui peut être vérificateur EPI dans une entreprise ?

La réglementation prévoit une personne qualifiée appartenant ou non à l’établissement. Elle doit disposer des compétences nécessaires pour vérifier les équipements concernés et connaître les dispositions réglementaires correspondantes.

Faut-il obligatoirement faire appel à un organisme extérieur ?

Non. Une personne qualifiée de l’entreprise peut réaliser les vérifications périodiques lorsqu’elle possède les compétences nécessaires. L’employeur reste responsable de l’organisation du contrôle.

À quelle fréquence faut-il vérifier un harnais antichute ?

Un harnais doit être examiné avant son utilisation. En complément, les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur visés par l’arrêté du 19 mars 1993 doivent avoir fait l’objet d’une vérification générale périodique depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation.

Une formation est-elle obligatoire pour devenir vérificateur EPI ?

Le Code du travail n’impose pas une certification nationale spécifique portant le titre de « vérificateur EPI ». Il demande que la vérification soit réalisée par une personne qualifiée disposant des compétences nécessaires pour les équipements concernés et connaissant la réglementation applicable. La formation est un moyen d’acquérir et de formaliser ces compétences.

Que faire si un EPI présente un défaut ?

Un équipement dont l’état ne permet plus de garantir la protection attendue ne doit pas continuer à être utilisé comme si de rien n’était. Il faut le retirer du service et appliquer les instructions du fabricant concernant son examen, sa réparation éventuelle ou sa mise au rebut.

Où faut-il enregistrer les vérifications des EPI ?

Le résultat des vérifications périodiques prévues par le Code du travail est consigné dans le registre de sécurité. Lorsque la vérification est réalisée à l’extérieur de l’établissement, le rapport est annexé au registre ou son emplacement d’archivage y est précisément indiqué.

Références officielles

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Réalisation :Definima
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