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Le décret SECUFER encadre strictement l’accès aux emprises ferroviaires, la formation des intervenants et les responsabilités de chaque acteur. Qui est concerné ? Quelles obligations concrètes pour les employeurs ? Comment sécuriser ses interventions sur le terrain ? Voici la lecture des obligations pour comprendre et appliquer le dispositif.

Le décret n°2017-694 du 2 mai 2017, couramment appelé décret SECUFER, est un texte réglementaire français encadrant la protection des travailleurs qui interviennent sur les systèmes de transport ferroviaire ou guidé ou qui contribuent à leur exploitation.
Il a été publié au Journal officiel du 4 mai 2017, et est entré en vigueur le 1er janvier 2018.
Le décret SECUFER s’inscrit dans la continuité de l’obligation générale de sécurité de l’employeur prévue par le Code du travail (articles L.4121-1 et suivants). Il vient préciser cette obligation dans un contexte particulier : celui des environnements ferroviaires et guidés, où les risques liés aux circulations et aux installations électriques imposent des mesures de prévention renforcées.
Le décret SECUFER répond à un impératif de sécurité dans un environnement à haut risque. Il a pour objectif de prévenir les accidents graves liés :
En structurant clairement les responsabilités des différents acteurs (employeurs, exploitants, maîtres d’ouvrage…), le décret impose un cadre de prévention renforcée, reposant notamment sur la formation, la coordination des interventions, et l’autorisation d’accès aux zones à risques.
Le décret couvre l’ensemble des infrastructures relevant de systèmes de transport ferroviaire ou guidé, y compris :
Ce champ large implique que de nombreuses entreprises sont concernées, même en tant que prestataires ou sous-traitants intervenant ponctuellement dans ces zones.
Le décret SECUFER ne s’applique pas uniquement aux grandes entreprises ferroviaires. Il concerne toute organisation (publique ou privée) dont les salariés sont amenés à intervenir dans ou à proximité d’une infrastructure ferroviaire ou guidée, y compris de manière ponctuelle ou sous-traitée.
Son champ d’application repose sur la nature du lieu et du risque, pas sur le statut ou la mission de l’entreprise.
Tout employeur (entreprise de travaux, bureau d'études, cabinet d’inspection, opérateur logistique…) est concerné dès lors que ses salariés :
Il doit alors :
Le décret vise explicitement les personnes morales qui interviennent au titre de la sous-traitance ou de la coactivité dans des zones à risques.
Cela inclut notamment :
Même si ces interventions sont courtes ou périphériques, le cadre SECUFER s’applique dès que l’environnement ferroviaire présente un danger identifiable.
Les exploitants ferroviaires (comme SNCF Réseau) et les gestionnaires d’infrastructure ont également des responsabilités précises :
Ils ne sont pas “exempts” du décret, mais en sont co-acteurs : leur rôle est de fournir le cadre sécurisé dans lequel s’inscrit l’action des autres intervenants.
Le décret SECUFER concerne aussi les maîtres d’ouvrage publics ou privés, y compris lorsqu’ils pilotent des travaux via des prestataires.
Ils doivent :
Le décret SECUFER précise les responsabilités partagées des employeurs, exploitants et maîtres d’ouvrage lorsqu’une activité est réalisée sur ou à proximité d’un système de transport ferroviaire ou guidé. Il fixe un cadre de prévention qui s’impose à tous les niveaux de la chaîne.
L’employeur est le premier garant de la sécurité de ses salariés. Lorsqu’ils doivent intervenir dans une zone ferroviaire à risque, il doit :
| Obligations | Contenu | Référence dans le décret |
|---|---|---|
| Évaluer les risques ferroviaires | Identifier les zones d’intervention exposées (circulations, lignes électriques, coactivité…) Intégrer ces risques dans le Document unique d’évaluation des risques (DUERP). |
Article 3 |
| Informer et former les travailleurs | Formation théorique et pratique couvrant : – les circulations ferroviaires ; – les équipements électriques ; – les règles de déplacement, signalisation et comportement. |
Article 4 (points 1 et 2) |
| Délivrer une autorisation écrite d’accès | Vérifier les connaissances du salarié avant délivrance Autorisation personnelle, nominative, limitée dans le temps Ne donne pas droit à intervenir sur les installations (≠ habilitations électriques) |
Article 4 (point 3) |
Les gestionnaires du réseau et les exploitants ferroviaires doivent :
| Obligations | Contenu | Référence dans le décret |
|---|---|---|
| Transmettre les règles locales de sécurité | Fournir aux entreprises tierces les consignes spécifiques applicables au réseau ferroviaire ; Indiquer les zones dangereuses, voies actives, équipements sous tension, etc. |
Article 5 |
| Organiser l’accès aux emprises | Définir les conditions d’accès physiques : modalités d’entrée, badges, dispositifs de contrôle ; Vérifier la possession d’une autorisation écrite délivrée par l’employeur. |
Article 5 |
| Coordonner les activités simultanées | S’assurer de la compatibilité des interventions simultanées sur une même zone ; Informer les intervenants de toute modification des risques, circulations ou protections. |
Article 5 |
Le maître d’ouvrage (commanditaire d’un chantier ou exploitant du réseau) doit :
Nous l’avons vu, l’employeur doit délivrer une autorisation écrite à tout salarié amené à intervenir dans une zone ferroviaire à risque. L’autorisation écrite d’accès est l’un des piliers du dispositif SECUFER. Elle concrétise, pour chaque intervenant, le respect des obligations de prévention imposées à l’employeur, à savoir :
Ce document ne donne en aucun cas le droit d’intervenir sur les installations électriques : pour cela, une habilitation spécifique reste requise.
Bon à savoir
Le terme “AAE” (Autorisation d’Accès aux Emprises) ne figure pas dans le décret SECUFER. Il s’agit d’une dénomination d’usage, largement utilisée dans le secteur ferroviaire.
Même si aucun format officiel n’est imposé, cette autorisation :
En pratique
Cette autorisation écrite est généralement matérialisée par une carte plastifiée ou un badge, délivré après une formation validée par un organisme externe ou interne. L’employeur reste seul responsable de sa délivrance.
Nous en avons parlé au début de cet article, le décret SECUFER s'applique dès lors qu’un salarié est exposé à au moins un des deux grands types de risques suivants : les circulations ferroviaires et les équipements électriques de traction.
Ces deux catégories de risques déterminent les exigences de formation, de coordination et d’autorisation d’accès. Voici ce qu'il faut comprendre.
Une emprise ferroviaire désigne toute zone affectée à un usage ferroviaire, même temporairement :
On parle donc d’emprise ferroviaire pour désigner l’ensemble de la zone technique autour de la voie, et pas uniquement les rails.
Le risque circulation est le plus spécifique à l’environnement ferroviaire. Il peut concerner :
Dans ces zones, des distances minimales de sécurité doivent être respectées et des dispositifs de protection, comme la signalisation, le balisage ou l’accompagnement, peuvent être exigés. Le comportement du personnel y est également déterminant : vigilance constante, port de vêtements haute visibilité et respect strict des consignes de déplacement sont indispensables.
Autre source de danger majeure : les installations électriques liées à la traction ferroviaire, notamment les caténaires et les lignes d’alimentation.
Ces installations fonctionnent en haute tension (souvent 25 000 volts) et peuvent provoquer :
Important
L’AAE (autorisation d’accès aux emprises) n’est pas une habilitation électrique. Elle ne suffit jamais à justifier un travail dans une zone à risque électrique.
Les habilitations électriques de droit commun (ex. NF C 18-510) ne suffisent pas à elles seules pour intervenir sur les installations de traction ferroviaire. Des habilitations spécifiques définies par le secteur ferroviaire sont requises.
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