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En France, les intérimaires ont environ deux fois plus d'accidents du travail que la moyenne des salariés. Ce sur-risque ne s'explique pas seulement par la dangerosité des métiers. Il tient aussi à la façon dont les missions sont préparées, accueillies et suivies sur le terrain.
Urgence des besoins, missions courtes, environnements nouveaux : ces réalités de l'intérim créent des situations spécifiques que la prévention doit prendre en compte.
Cet article dresse d'abord le constat, puis analyse les mécanismes du sur-risque, avant de présenter des leviers de prévention concrets à chaque étape de la mission.
Sommaire
Un accident du travail est un événement soudain survenu pendant ou à l'occasion du travail et ayant provoqué une lésion (blessure, choc, brûlure, malaise lié au poste, etc.). Il doit être datable et lié à l'activité professionnelle.
En intérim, la situation est particulière car elle repose sur une relation tripartite :
Si un accident survient, l'entreprise utilisatrice informe immédiatement l'ETT, et c'est l'ETT qui déclare l'accident à la CPAM dans les délais réglementaires.
Côté prévention, les responsabilités sont partagées :
Les intérimaires restent nettement plus exposés aux accidents du travail que l'ensemble des salariés. Selon la CARSAT, leur taux d'accidents est environ deux fois plus élevé, et leurs accidents entraînent plus souvent des arrêts longs et des séquelles durables.
Ce sur-risque ne concerne pas tous les secteurs de la même manière. Il se concentre surtout là où l'intérim est très présent et où le travail est physiquement exigeant et techniquement risqué. Les secteurs les plus concernés sont :
Quand on regarde la nature des accidents, quatre grandes causes reviennent particulièrement chez les intérimaires :
L'intérim crée un décalage entre le niveau de risque réel du poste et le temps dont dispose le salarié pour s'y adapter. En pratique, cela signifie que les intérimaires sont souvent exposés à des situations dangereuses sans bénéficier des mêmes marges d'appropriation que les salariés permanents.
Dans beaucoup d'entreprises, l'intérim est d'abord une réponse à l'urgence : pic d'activité, retard de production, absence imprévue, chantier à terminer dans les délais.
Cette logique se traduit par une pression forte sur le rythme et les résultats. Une grande partie de cette pression pèse sur l'intérimaire, qui doit être immédiatement opérationnel, y compris sur des postes complexes ou à risque.
Les missions d'intérim sont fréquemment très courtes, ce qui accentue le décalage entre la durée de la mission et le niveau de risque du poste. Cette brièveté pèse directement sur la sécurité.
La durée moyenne des missions d’intérim est passée de plus de quatre semaines dans les années 1970 à moins de dix jours aujourd’hui.
Une mission courte laisse moins de temps pour :
À savoir : les marges de manoeuvre
En prévention des risques professionnels, on utilise le terme "marges de manœuvre" pour désigner la capacité d'un salarié à ajuster son travail face aux imprévus : ralentir, changer de posture, demander de l'aide ou adapter une consigne quand la situation l'exige. Elles se construisent avec le temps, l'expérience du site et la connaissance des règles réelles du travail.
Quand les missions sont courtes et les environnements changeants, ces marges restent limitées, ce qui rend plus difficile l’adaptation aux situations à risque.
Cette situation ne se traduit pas seulement par des accidents du travail. Elle favorise aussi :
La prévention des accidents en intérim doit être pensée sur l'ensemble du cycle de la mission : avant l'arrivée sur site, le premier jour, puis pendant toute la durée du poste. À chaque étape, l'ETT et l'entreprise utilisatrice ont des responsabilités distinctes mais complémentaires. Agir tôt et de manière coordonnée permet de réduire réellement l'exposition aux risques.
En amont, la prévention repose d'abord sur une analyse du travail réel. L'entreprise utilisatrice s'appuie sur son DUERP et formalise une fiche de risques précise pour le poste, en décrivant les tâches, les contraintes et les situations sensibles.
À partir de ces éléments, l'ETT échange avec l'entreprise utilisatrice pour clarifier les prérequis et les habilitations nécessaires. Elle informe ensuite l'intérimaire des principaux risques avant son arrivée sur site, afin qu'il ne découvre pas le poste “à froid” le premier jour.
Le premier jour doit être considéré comme un temps dédié à la prévention. L'entreprise utilisatrice organise un accueil sécurité adapté au poste et au site.
Cet accueil comporte :
Cadre légal de l'accueil et de la formation à la sécurité
Les salariés intérimaires doivent bénéficier, dès leur arrivée dans l'entreprise utilisatrice, du même niveau de protection en matière de santé et de sécurité que les autres salariés.
Pendant la mission, l'idée est surtout de donner aux intérimaires un cadre de travail plus sûr et plus soutenable au quotidien.
Sur les postes à forte dangerosité, la prévention est plus efficace quand l'intérim n'est pas morcelé en missions très courtes. Une certaine continuité aide les intérimaires à mieux s'approprier le poste, ses risques et ses règles de fonctionnement.
Après un incident lié au travail, la prévention se poursuit par une phase d'analyse. L'objectif est de comprendre ce qui s'est passé et d'éviter que des situations similaires ne se reproduisent.
L'analyse est menée conjointement par l'ETT et l'entreprise utilisatrice, chacun apportant sa connaissance de la situation.
Elle porte sur :
À l'issue de cette analyse, des actions correctives sont définies et mises en œuvre (aménagement des postes, procédures, accueil sécurité).
La traçabilité consiste à conserver des éléments écrits qui attestent des mesures prises en matière de prévention. Elle permet de suivre les actions engagées et d'en garder la preuve si nécessaire.
Selon les situations, peuvent être conservés :
Ces éléments ne remplacent pas les obligations réglementaires, mais ils structurent la démarche de prévention et facilitent son suivi dans le temps.
En complément des mesures de prévention portées par l'ETT et l'entreprise utilisatrice, le PASI a été créé en 2017 pour renforcer la sécurité des intérimaires sur les chantiers.
Le PASI (Passeport Sécurité Intérimaire) est un dispositif de formation préalable à l'entrée sur les chantiers du BTP. Il intervient avant la mission, indépendamment de l'entreprise utilisatrice, et vise à donner aux intérimaires une base commune de connaissances en matière de sécurité.
Le PASI permet :
Le PASI ne se substitue pas aux obligations existantes :
Le PASI apporte une base préalable utile. Il complète les obligations de l'ETT et de l'entreprise utilisatrice, mais ne les remplace pas.
Sources officielles utilisées
INRS – Dossier "Prévenir les risques pour les salariés intérimaires"
CARSAT Sud-Est – Analyse des accidents du travail en mission temporaire : données et facteurs de risque spécifiques à l’intérim
Légifrance – Code du travail – Obligation générale d’information : articles L.4141-1 et L.4141-2
Les informations réglementaires présentées dans ce contenu sont fondées sur les textes en vigueur à la date de mise à jour. Elles peuvent évoluer au fil des décrets et arrêtés officiels. Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale oùFormer, spécialiste des formations réglementaires et de la conformité en entreprise.
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