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Chaque année, de nombreux accidents du travail touchent des intérimaires du BTP. Une règle mal comprise, une circulation d'engins sous-estimée, une organisation de chantier peu lisible peuvent suffire à créer une situation dangereuse.
C’est pour cela qu'a été créé le passeport sécurité intérimaire : un dispositif pensé pour préparer les intérimaires avant leur arrivée sur site et limiter les situations à risque.
Cet article détaille ce qu'est le PASI, pourquoi il a été mis en place, comment il fonctionne et ce qu'il change concrètement pour les intérimaires et les entreprises.
Sommaire
Le passeport sécurité intérimaire, aussi appelé PASI ou PASI BTP®, est une attestation délivrée après une formation à la sécurité sur chantier. Elle concerne les salariés envoyés en mission par une entreprise de travail temporaire dans le BTP et les travaux publics. Elle ne valide pas une compétence métier. Elle atteste surtout d'un socle commun de culture sécurité avant l'arrivée sur site.
Le passeport sécurité intérimaire prépare l'intérimaire aux situations qu'il rencontrera le plus souvent sur chantier : circulation des engins, coactivité, équipements de protection, organisation du poste et remontée des anomalies. Il vise à limiter les erreurs les plus courantes dès les premiers jours de mission.
Le PASI est né en 2017 à l'initiative d'EGF BTP, dans un contexte de sinistralité élevée chez les intérimaires du BTP.
Avant le PASI, des actions de prévention existaient déjà : tests sécurité en agence, formations internes chez certaines entreprises, parfois en partenariat avec des ETT. Mais ces démarches variaient fortement d'un acteur à l'autre et ne reposaient pas sur une base commune.
Résultat : un même intérimaire pouvait devoir refaire des formations similaires à chaque changement d'entreprise utilisatrice. Cette répétition faisait perdre du temps sans réel gain en prévention.
Pour y remédier, EGF BTP et l'ASE BTP, avec l'appui technique de l'OPPBTP, ont conçu une formation de référence aux prérequis fondamentaux de la sécurité sur chantier, avec une évaluation et une traçabilité des résultats.
Le PASI est positionné en amont des missions. Il ne remplace ni l'accueil sécurité, ni la formation au poste de travail, qui restent de la responsabilité de l'entreprise utilisatrice.
Le passeport sécurité intérimaire a une vocation très opérationnelle. Il ne vise pas à former à un métier, mais à :
Impact du PASI BTP
Le PASI BTP affiche des résultats encourageants en matière de prévention : les intérimaires formés enregistrent jusqu'à 40 % d'accidents en moins que ceux qui ne l'ont pas suivi.
Plus de 70 000 professionnels ont déjà été formés, avec un réseau de 80 organismes habilités et plus de 3 000 agences d'intérim engagées dans le dispositif, signe d’une dynamique largement partagée dans le secteur du BTP.
Le passeport sécurité intérimaire repose sur un cahier des charges officiel de branche, élaboré par EGF BTP avec l'appui technique de l'OPPBTP. Ce référentiel fixe un cadre commun que doivent respecter les centres habilités à dispenser la formation.
À l'issue de la formation, le stagiaire doit être en mesure de :
Le contenu est ensuite décliné autour des 10 risques du BTP présentés dans le tableau ci-dessous.
| Risque identifié dans le référentiel PASI | Champ couvert |
|---|---|
| Règles de vie sur chantier | Comportements, affichages, situations d’urgence, devoir d’alerte |
| Énergies | Électricité, gaz, air comprimé et réseaux |
| Déplacements et accès | Circulations horizontales et verticales, accès aux zones de travail |
| Engins, véhicules : interaction homme/machine | Coactivité avec engins et véhicules, angles morts, balisage |
| Hauteur : travaux et accès | Travail en hauteur, échafaudages, PIRL, moyens d’accès |
| Ensevelissement (travaux en fouilles) | Fouilles, talus, blindages, venues d’eau |
| Stabilisation en phase provisoire | Étaiements, voiles, éléments préfabriqués |
| Travaux à proximité de voies de circulation | Intervention près des routes, signalisation temporaire |
| Outillages électroportatifs | Bruit, poussières, outils dangereux, EPI adaptés |
| Élingage | Levage, charges suspendues, règles de sécurité |
Le passeport sécurité intérimaire n'est pas imposé par la loi. Il ne figure pas dans le Code du travail et n'est pas une obligation réglementaire pour travailler sur un chantier.
Le PASI relève d'engagements de branche portés notamment par EGF BTP, la FNTP et la FFB. Il s'agit donc d'un dispositif professionnel, construit et soutenu par les acteurs du secteur, plutôt que d'une exigence légale.
Il est de plus en plus demandé par certaines entreprises adhérentes à ces organisations. Selon les chantiers et les donneurs d'ordre, il peut ainsi devenir un prérequis opérationnel pour accéder à certaines missions, même s'il reste facultatif au regard du droit.
Le passeport sécurité intérimaire est réservé aux intérimaires des ETT. Il s'adresse aux salariés envoyés en mission par une entreprise de travail temporaire sur des chantiers de BTP ou de travaux publics.
Il n'est pas destiné aux salariés en CDI du BTP. Ces derniers relèvent d'autres dispositifs de formation et d'accueil sécurité propres à leur entreprise.
Le PASI est particulièrement pertinent pour :
Le PASI BTP® se déroule sur 2 jours, soit environ 14 heures de formation.
L'évaluation repose sur un QCM national, identique pour tous les candidats. En cas de réussite, une attestation PASI BTP® est délivrée. Elle est nominative et enregistrée sur la plateforme dédiée au dispositif.
La validité du PASI est de 10 ans à compter de sa délivrance.
En principe, le financement du PASI BTP® incombe à l'employeur intérimaire, c'est-à-dire l'agence d'intérim (ETT) qui emploie le salarié et l'inscrit à la formation.
Pour l'intérimaire, la formation est donc généralement gratuite lorsqu'elle est organisée par son agence. Aucun reste à charge n'est demandé dans ce cadre.
Côté financement, l'ETT peut solliciter un appui de son OPCO de branche (AKTO), notamment au titre du plan de développement des compétences ou de dispositifs liés à la santé-sécurité au travail.
Selon les situations, d'autres montages peuvent exister : financement par le plan de formation de l'entreprise, intervention de l'OPCO BTP (Constructys) dans certains cas.
Le PASI apporte un socle commun de culture sécurité avant l'arrivée de l'intérimaire sur chantier. Ce socle ne se substitue pas aux obligations de l'entreprise utilisatrice, il les précède et les facilite.
Une fois sur site, l'accueil sécurité chantier reste déterminant. Il permet d'adapter les règles générales du PASI aux spécificités du lieu de travail, à l'organisation du site et aux risques propres au chantier.
Selon le poste occupé, des formations habilitantes restent ensuite nécessaires. Le CACES, l'habilitation électrique, le travail en hauteur ou d'autres formations métier viennent sécuriser l'activité réelle de l'intérimaire. Le PASI n'efface pas ces obligations, il les complète.
La prévention repose donc sur une responsabilité partagée entre trois acteurs :
Dès 2026, le coût des sinistres des intérimaires sera partagé à parts égales entre les ETT et les entreprises utilisatrices, ce qui renforce l'intérêt commun à sécuriser les missions.
Des centres habilités à délivrer le PASI BTP® existent sur l'ensemble du territoire. Ils organisent régulièrement des sessions dans la plupart des régions, aussi bien en grandes métropoles qu'à proximité des principaux bassins d'emploi du BTP.
Pour faciliter les recherches, oùFormer centralise les formations PASI proposées par des centres habilités, avec dates et lieux accessibles en ligne.
Sources officielles utilisées
Les informations présentées dans ce contenu sont fondées sur des sources officielles et institutionnelles. Elles peuvent évoluer au fil des mises à jour des dispositifs et des publications officielles. Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale oùFormer, spécialiste des formations réglementaires et de la conformité en entreprise.
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