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La gestion du risque chimique consiste à identifier les agents chimiques présents dans l'entreprise, évaluer les situations d'exposition et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées.
Découvrez les 7 étapes pour construire une démarche efficace, protéger les salariés et assurer un suivi durable des actions de prévention.
La gestion du risque chimique désigne la démarche mise en œuvre par une entreprise pour identifier les agents chimiques présents, évaluer les risques d'exposition et déployer des mesures de prévention adaptées afin de protéger les salariés.
Cette démarche repose sur plusieurs étapes complémentaires : recenser les produits chimiques et les agents émis par les procédés, évaluer les situations d'exposition, définir les actions prioritaires, former les salariés, assurer le suivi documentaire et mettre à jour régulièrement les pratiques en fonction de l'évolution des activités.
Elle s'inscrit dans l'obligation générale de prévention de l'employeur prévue par le Code du travail et participe plus largement à la démarche de prévention des risques professionnels.
À retenir
La gestion du risque chimique est une démarche globale. L'évaluation des risques n'en constitue qu'une étape. L'objectif est ensuite de définir, mettre en œuvre et suivre des actions permettant de réduire durablement l'exposition des salariés.
Pour approfondir, découvrez nos guides sur la définition du risque chimique, l'évaluation du risque chimique et les moyens de prévenir le risque chimique.
La gestion du risque chimique suit une démarche progressive qui permet de partir des produits et des situations réellement présents dans l’entreprise pour aboutir à des mesures de prévention adaptées, suivies dans le temps.
Cette démarche doit être adaptée à la taille de l’établissement, à la nature de son activité et aux conditions réelles d’exposition des salariés. Dans une petite entreprise comme sur un site industriel, sa qualité dépend de la précision de l’inventaire, de l’observation du travail, de la pertinence des actions engagées et de leur mise à jour.
1. Recenser les produits et les agents chimiques présents
Identifier les produits utilisés ou stockés, les déchets et les agents chimiques générés par l’activité.
2. Identifier les dangers et les situations d’exposition
Relier les informations des étiquettes et des FDS aux tâches réellement effectuées.
3. Évaluer et hiérarchiser les risques
Repérer les situations qui nécessitent une action prioritaire.
4. Construire un plan d’actions
Supprimer ou réduire l’exposition en respectant la hiérarchie des mesures de prévention.
5. Organiser durablement la maîtrise du risque
Sécuriser les manipulations, le stockage, les déchets, la maintenance et les situations d’urgence.
6. Informer et former les salariés
Donner aux équipes les connaissances nécessaires pour comprendre les risques et appliquer les consignes.
7. Suivre et améliorer la démarche
Mettre à jour l’évaluation, les documents et les actions en fonction des évolutions de l’entreprise.
Toute démarche de gestion du risque chimique commence par une question simple : savez-vous précisément à quels agents chimiques vos salariés peuvent être exposés ?
Dans de nombreuses entreprises, l'inventaire porte uniquement sur les bidons visibles dans les ateliers ou les armoires de stockage. Pourtant, le risque chimique ne provient pas uniquement des produits achetés. Certaines substances sont générées directement par les procédés de travail et passent facilement inaperçues.
Posez-vous les bonnes questions
Un inventaire fiable doit couvrir l’ensemble des produits et agents chimiques présents dans l’entreprise, qu’ils soient utilisés, stockés, générés par l’activité ou présents dans les déchets. Tout commence donc par cette étape, car un risque non identifié ne peut pas être évalué.
| À inventorier | Exemples |
|---|---|
| Produits utilisés | Peintures, solvants, huiles, colles, résines, détergents, désinfectants… |
| Produits stockés | Réserves, armoires de sécurité, locaux techniques, véhicules de service… |
| Déchets et résidus | Chiffons souillés, emballages contaminés, bains usagés, huiles usées… |
| Agents chimiques émis | Fumées de soudage, poussières, brouillards d’huile, vapeurs, gaz d’échappement… |
Pour chaque produit ou agent recensé, il est utile d’identifier son usage, les quantités manipulées, les tâches concernées, les salariés potentiellement exposés ainsi que les lieux d’utilisation ou de stockage.
Les fiches de données de sécurité permettent d'inventorier les produits commercialisés et d'identifier leurs dangers. Elles doivent néanmoins être complétées par une visite de terrain afin de repérer les agents chimiques générés par l’activité.
À retenir
Un inventaire incomplet conduit à une évaluation incomplète. Il doit inclure les produits utilisés ou stockés, les déchets et les agents chimiques générés par les procédés.
Une fois les agents chimiques recensés, il faut comprendre dans quelles conditions les salariés peuvent y être exposés. Le danger propre à une substance ne suffit pas à déterminer le niveau de risque : il faut également examiner son utilisation, les tâches réalisées, la fréquence des manipulations et les mesures de prévention déjà en place.
Deux salariés utilisant le même produit peuvent ainsi connaître des expositions très différentes. Une opération réalisée quelques minutes par mois dans un système fermé ne présente pas les mêmes conditions qu’une manipulation quotidienne par pulvérisation dans un local peu ventilé.
Observez le travail réel
L’identification des dangers repose notamment sur l’étiquette du produit et sur sa fiche de données de sécurité. La section 2 de la FDS présente sa classification, ses pictogrammes et ses mentions de danger. D’autres sections apportent des informations utiles sur la manipulation, le stockage, les protections ou les propriétés du produit.
La compréhension de l’étiquetage des produits chimiques et des règles CLP permet de repérer rapidement les principaux dangers. Elle ne doit toutefois pas remplacer l’analyse de la FDS ni l’observation des conditions réelles de travail.
| Élément à analyser | Questions à se poser |
|---|---|
| Danger du produit | Est-il corrosif, toxique, inflammable, sensibilisant ou classé CMR ? |
| Voie d’exposition | Peut-il être inhalé, entrer en contact avec la peau ou les yeux, ou être ingéré accidentellement ? |
| Conditions d’utilisation | Le produit est-il chauffé, pulvérisé, transvasé ou utilisé en espace confiné ? |
| Durée et fréquence | L’exposition est-elle ponctuelle, régulière ou quotidienne ? |
| Salariés concernés | Qui manipule le produit et qui peut être exposé indirectement ? |
Les tâches ponctuelles sont souvent sous-estimées. Le changement d’un filtre, le nettoyage d’une cuve, la récupération d’un produit renversé ou le retrait d’un déchet peuvent entraîner une exposition plus forte que l’activité habituelle.
Exemple
Un produit peut être utilisé dans un système fermé avec une faible exposition pendant la production. L’ouverture de l’installation pour une opération de maintenance peut en revanche libérer des vapeurs ou provoquer un contact direct. Cette tâche doit être analysée séparément.
Lorsque des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont identifiés, les situations concernées doivent faire l’objet d’une attention particulière dans l’évaluation et dans le plan d’actions.
À retenir
Pour comprendre le risque réel, il faut relier les informations de l’étiquette et de la FDS aux tâches, aux quantités et aux conditions observées sur le terrain.
Une fois les dangers et les situations d’exposition identifiés, il faut déterminer quelles situations doivent être traitées en priorité. Toutes les expositions ne présentent pas le même niveau de risque et ne nécessitent pas les mêmes mesures.
L’évaluation doit tenir compte de la dangerosité des agents, des quantités utilisées, de la durée et de la fréquence des tâches, des voies d’exposition ainsi que de l’efficacité des mesures de prévention existantes.
Les bonnes questions à se poser
| Critère d’évaluation | Exemple d’analyse |
|---|---|
| Danger | Produit irritant, corrosif, toxique, inflammable, sensibilisant ou CMR. |
| Quantité | Quelques millilitres ponctuellement ou plusieurs litres chaque jour. |
| Fréquence | Une utilisation mensuelle, hebdomadaire ou plusieurs fois par jour. |
| Conditions d’exposition | Système fermé, pulvérisation, chauffage, travail en espace confiné… |
| Prévention existante | Captage, ventilation, automatisation, procédures ou EPI. |
Cette analyse peut être réalisée à l’aide d’une méthode interne ou d’un outil dédié. Le logiciel SEIRICH, développé par l’INRS, permet notamment de structurer l’inventaire, de hiérarchiser les risques et de construire un plan d’actions.
Structurer votre évaluation du risque chimique
Les formations consacrées à l’évaluation du risque chimique et à SEIRICH permettent de fiabiliser l’inventaire, d’analyser les expositions et d’exploiter les résultats dans un plan d’actions.
Voir les formations en évaluation du risque chimiquePour approfondir la méthode, consultez également notre guide sur l’évaluation du risque chimique en entreprise et notre article consacré au logiciel SEIRICH.
À retenir
L’évaluation doit permettre d’identifier les tâches et les situations d’exposition qui nécessitent une action prioritaire.
Une fois les situations prioritaires identifiées, la gestion du risque chimique doit déboucher sur des actions concrètes. L’objectif n’est pas seulement de mieux encadrer l’utilisation d’un produit dangereux, mais de réduire durablement l’exposition à sa source.
Toutes les mesures de prévention n’ont pas la même efficacité. Les équipements de protection individuelle peuvent être indispensables, mais ils ne doivent intervenir qu’après l’étude des possibilités de suppression, de substitution et de protection collective.
1. Supprimer le danger
Éliminer le produit dangereux ou l’opération à l’origine de l’exposition lorsque cela est possible.
2. Substituer le produit ou le procédé
Remplacer une substance ou une méthode exposante par une solution présentant moins de risques.
3. Mettre en place des protections collectives
Agir à la source par le confinement, le captage, la ventilation ou l’automatisation.
4. Adapter l’organisation du travail
Limiter les quantités, les durées d’exposition et le nombre de salariés concernés.
5. Compléter avec des EPI adaptés
Protéger les salariés contre le risque résiduel lorsque les autres mesures ne suffisent pas.
Pour chaque situation prioritaire, demandez-vous :
La suppression est la solution la plus efficace puisqu’elle élimine directement le danger. Lorsqu’elle n’est pas envisageable, l’entreprise doit rechercher une solution de substitution.
Cette démarche ne consiste pas uniquement à sélectionner un produit présentant moins de pictogrammes. Il faut comparer ses dangers, son mode d’utilisation, les quantités nécessaires et les éventuelles émissions générées par le nouveau procédé.
Exemple
Le remplacement d’un dégraissant solvanté par un produit aqueux peut réduire certaines expositions. Il faut néanmoins vérifier que la nouvelle solution ne nécessite pas un chauffage, une pulvérisation ou des quantités plus importantes susceptibles de créer d’autres risques.
| Type de mesure | Exemples |
|---|---|
| Confinement | Système fermé, enceinte isolée, transfert par canalisation. |
| Captage à la source | Hotte, bras aspirant, table aspirante, captage intégré à l’outil. |
| Modification du procédé | Automatisation, dosage fermé, suppression des pulvérisations. |
| Organisation | Réduction des quantités, accès limité, intervention planifiée. |
Chaque décision doit être traduite dans un plan d’actions précisant la situation concernée, la mesure à mettre en œuvre, le responsable désigné, l’échéance et les modalités de vérification.
Point de vigilance
Les EPI ne compensent pas durablement un captage inefficace, une fuite récurrente ou une procédure mal conçue. Ils doivent être choisis pour maîtriser le risque qui subsiste après la mise en place des autres mesures.
Pour approfondir cette logique, consultez notre guide consacré aux moyens de prévenir le risque chimique en entreprise.
À retenir
Un plan d’actions efficace commence par la suppression ou la substitution du danger, puis privilégie les protections collectives et l’organisation du travail avant de recourir aux EPI.
Une mesure de prévention ne reste efficace que si elle s’intègre dans l’organisation quotidienne de l’entreprise. La gestion du risque chimique doit donc être traduite dans les procédures, l’aménagement des locaux, les pratiques de stockage, la maintenance et la préparation des situations d’urgence.
Une entreprise peut disposer d’un inventaire précis et d’une évaluation complète tout en restant exposée à des incidents si les contenants sont mal identifiés, si les déchets s’accumulent ou si les consignes ne sont pas appliquées lors des interventions ponctuelles.
Vérifiez l’organisation sur le terrain
Les consignes doivent préciser les conditions d’ouverture, de dosage, de mélange, de transport interne et de nettoyage. Les transvasements doivent être limités autant que possible et réalisés avec du matériel adapté.
Lorsqu’un produit est placé dans un contenant secondaire, son identification doit rester claire. Un flacon sans étiquette, une bouteille alimentaire réutilisée ou un récipient dont le contenu est incertain représente un risque important d’erreur de manipulation.
Le stockage doit tenir compte des informations figurant dans les FDS, notamment des incompatibilités, des conditions de température, de ventilation, de rétention et de protection contre les sources d’inflammation.
| Point à organiser | Objectif |
|---|---|
| Séparation des produits | Éviter le contact entre substances incompatibles. |
| Rétention | Limiter la propagation d’une fuite ou d’un déversement. |
| Ventilation | Éviter l’accumulation de vapeurs ou d’émanations. |
| Signalisation | Informer sur les dangers et les restrictions d’accès. |
| Gestion des stocks | Éviter l’accumulation de produits inutilisés ou périmés. |
Les opérations de maintenance, de nettoyage approfondi, de dépannage ou d’ouverture d’une installation doivent être préparées séparément. Elles peuvent modifier fortement les conditions d’exposition habituelles.
Lorsque des entreprises extérieures interviennent, les risques liés aux produits et aux procédés doivent être partagés avant le début des travaux. Selon le secteur et le site concerné, des formations spécifiques peuvent également être demandées.
Intervenir sur un site industriel sensible
Les dispositifs France Chimie N1 et N2 concernent certaines interventions sur des sites chimiques ou pétrochimiques. La formation GIES répond à d’autres exigences d’accès et d’intervention en environnement industriel sensible. Le dispositif applicable dépend du site donneur d’ordre et de la fonction du salarié.
L’entreprise doit prévoir la conduite à tenir en cas de projection, d’inhalation, de déversement, de fuite ou d’incendie. Les procédures doivent être compréhensibles, accessibles et connues des personnes concernées.
Les moyens d’intervention doivent être choisis selon les produits présents : absorbants compatibles, douche de sécurité, lave-œil, moyens d’extinction, dispositifs d’alerte ou équipements de protection dédiés.
À retenir
La maîtrise du risque chimique ne dépend pas uniquement de l’évaluation. Elle repose aussi sur une organisation claire des manipulations, du stockage, des déchets, de la maintenance et des situations d’urgence.
Les mesures techniques ne suffisent pas si les salariés ne comprennent pas les risques ou ne savent pas comment appliquer les consignes. L’information et la formation doivent être adaptées aux produits présents, aux tâches réalisées et au niveau de responsabilité de chacun.
Un salarié qui manipule occasionnellement un détergent dangereux n’a pas les mêmes besoins qu’un responsable HSE chargé de conduire l’évaluation, qu’un opérateur utilisant des agents CMR ou qu’un encadrant intervenant sur un site chimique.
Les salariés savent-ils :
La formation doit s’appuyer sur les situations de travail réelles. Elle gagne à intégrer les produits utilisés dans l’entreprise, les procédures internes, les équipements disponibles et des exemples directement liés aux postes des participants.
| Besoin identifié | Formation à envisager |
|---|---|
| Comprendre les dangers et les bons réflexes | Sensibilisation aux risques chimiques |
| Lire et exploiter les documents fournisseurs | Formation aux fiches de données de sécurité |
| Comprendre les pictogrammes et la classification | Formation à l’étiquetage CLP |
| Évaluer et hiérarchiser les risques | Évaluation du risque chimique et SEIRICH |
| Maîtriser les risques liés aux agents les plus préoccupants | Formation aux risques CMR |
| Intervenir sur certains sites chimiques | France Chimie niveau 1 ou France Chimie niveau 2 |
| Intervenir dans un environnement industriel sensible | Formation GIES |
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Voir les formations en risque chimiqueÀ retenir
La formation doit être choisie selon le rôle du salarié, les produits présents et les tâches réalisées. France Chimie et GIES répondent à des contextes industriels spécifiques et ne remplacent pas une sensibilisation générale au risque chimique.
La gestion du risque chimique n’est jamais définitivement terminée. L’arrivée d’un nouveau produit, une modification de procédé, un changement de fournisseur ou un incident peuvent remettre en question l’évaluation réalisée quelques mois auparavant.
Le suivi doit permettre de vérifier que les actions prévues ont été mises en œuvre, qu’elles sont réellement efficaces et qu’elles restent adaptées à l’activité de l’entreprise.
Quand réexaminer la démarche ?
L’inventaire des produits, les FDS, l’évaluation des risques, les procédures et le plan d’actions doivent rester cohérents entre eux. Une modification apportée à un produit ou à une tâche doit être répercutée dans les documents concernés.
Les résultats de l’évaluation du risque chimique doivent également alimenter le document unique d’évaluation des risques professionnels et les actions de prévention qui en découlent.
| Indicateur de suivi | Ce qu’il permet de vérifier |
|---|---|
| Actions réalisées | Avancement du plan et respect des échéances. |
| Produits supprimés ou substitués | Réduction du nombre de produits dangereux présents. |
| Anomalies et incidents | Identification des situations qui restent insuffisamment maîtrisées. |
| Salariés formés | Couverture des besoins d’information et de formation. |
| Contrôle des protections | Maintien de l’efficacité des équipements et des installations. |
Une action terminée n’est pas nécessairement une action efficace. Après l’installation d’un captage, la modification d’une procédure ou le remplacement d’un produit, l’entreprise doit vérifier que l’exposition a réellement diminué.
Cette vérification peut reposer sur l’observation du poste, les retours des salariés, le contrôle d’un équipement, une nouvelle évaluation ou, lorsque cela est nécessaire, des mesures d’exposition adaptées à la situation.
Exemple
L’installation d’un bras aspirant ne suffit pas à considérer le risque comme maîtrisé. Il faut vérifier son positionnement, son utilisation réelle, son entretien et son efficacité pendant la tâche concernée.
La gestion du risque chimique devient ainsi une démarche d’amélioration continue : inventorier, évaluer, agir, vérifier, puis ajuster les mesures en fonction des résultats et des évolutions de l’entreprise.
À retenir
Une démarche efficace doit rester vivante. Chaque nouveau produit, changement de procédé, incident ou évolution d’une FDS peut nécessiter une mise à jour de l’évaluation et du plan d’actions.
La gestion du risque chimique mobilise plusieurs acteurs, avec des responsabilités complémentaires. L’employeur reste responsable de la prévention, mais l’efficacité de la démarche dépend aussi de l’implication de l’encadrement, des salariés et des personnes chargées de la santé et de la sécurité au travail.
Décision
L’employeur
Il organise la prévention, définit les priorités, alloue les moyens nécessaires et veille à la mise en œuvre des mesures de protection.
Pilotage
Le responsable HSE ou QHSE
Il coordonne l’inventaire, l’évaluation, le plan d’actions et le suivi des documents liés au risque chimique.
Terrain
L’encadrement
Il applique les procédures, organise le travail et fait remonter les difficultés rencontrées sur les postes exposés.
Pratiques
Les salariés
Ils appliquent les consignes, utilisent les équipements prévus et signalent les anomalies, incidents ou situations dangereuses.
Dialogue
Le CSE
Lorsqu’il existe, il contribue à l’analyse des risques et peut être associé aux actions de prévention et à leur suivi.
Conseil
Le service de prévention et de santé au travail
Il conseille l’entreprise sur les expositions, les mesures de prévention et le suivi de la santé des salariés.
À retenir
La démarche peut être coordonnée par un responsable HSE ou une personne ressource, mais elle doit rester portée par l’employeur et partagée avec les équipes de terrain.
La gestion du risque chimique désigne l’ensemble des actions mises en œuvre pour identifier les agents chimiques présents dans l’entreprise, évaluer les situations d’exposition et réduire les risques pour la santé et la sécurité des salariés.
Elle comprend notamment l’inventaire des produits, l’exploitation des FDS, l’observation des postes de travail, la hiérarchisation des risques, la définition d’un plan d’actions, la formation des salariés et le suivi des mesures engagées.
L’évaluation du risque chimique consiste à identifier les dangers, analyser les conditions d’exposition et hiérarchiser les situations qui doivent être traitées en priorité.
La gestion du risque chimique va plus loin. Elle englobe l’évaluation, mais aussi la mise en œuvre des mesures de prévention, l’organisation du stockage et des procédures, la formation des salariés ainsi que le suivi du plan d’actions dans le temps.
L’employeur est responsable de la prévention des risques professionnels dans l’entreprise. Il doit organiser la démarche, définir les priorités et mettre à disposition les moyens nécessaires pour protéger les salariés.
Le pilotage opérationnel peut être confié à un responsable HSE ou QHSE, à un préventeur ou à une personne ressource. L’encadrement, les salariés, le CSE et le service de prévention et de santé au travail contribuent également à la démarche.
L’inventaire doit inclure les produits utilisés ou stockés dans l’entreprise, même lorsqu’ils sont employés ponctuellement ou en petites quantités. Les produits conservés dans les véhicules, les réserves, les locaux techniques ou les armoires de maintenance ne doivent pas être oubliés.
Il faut également prendre en compte les déchets, les résidus et les agents chimiques générés par l’activité, comme les fumées de soudage, les poussières, les vapeurs, les brouillards d’huile ou les gaz d’échappement.
La démarche s’appuie notamment sur l’inventaire des produits, les fiches de données de sécurité, les étiquettes, l’évaluation des situations d’exposition, le document unique et le plan d’actions de prévention.
Selon les activités, l’entreprise peut également formaliser des procédures de manipulation, des consignes de stockage, des notices de poste, des protocoles de maintenance et des procédures d’urgence. Ces documents doivent rester cohérents avec les pratiques réellement observées sur le terrain.
Une petite entreprise peut commencer par réaliser un inventaire simple des produits et des agents chimiques présents, récupérer les FDS correspondantes et observer les tâches au cours desquelles les salariés peuvent être exposés.
Elle peut ensuite traiter en priorité les situations les plus préoccupantes : suppression de produits inutiles, substitution, amélioration de la ventilation, sécurisation du stockage, rédaction de consignes et sensibilisation des salariés. La démarche peut rester proportionnée, à condition d’être structurée et régulièrement mise à jour.
Une entreprise peut utiliser un tableau de suivi interne, un logiciel spécialisé ou un outil comme SEIRICH pour structurer l’inventaire, hiérarchiser les risques et suivre les actions de prévention.
Le choix de l’outil dépend du nombre de produits, de la complexité des activités et des compétences disponibles. Quel que soit le support utilisé, il ne remplace pas l’observation des postes ni l’analyse des conditions réelles d’exposition.
La démarche doit être réexaminée dès qu’une évolution peut modifier les conditions d’exposition : arrivée d’un nouveau produit, changement de fournisseur, modification d’un procédé, installation d’un nouvel équipement ou évolution de l’organisation du travail.
Une mise à jour est également nécessaire après un incident, une exposition accidentelle, la réception d’une nouvelle version de FDS ou lorsqu’une mesure de prévention se révèle insuffisante. Un suivi régulier du plan d’actions permet d’éviter que l’évaluation ne devienne obsolète.
Le choix dépend des missions de la personne formée. Une sensibilisation aux risques chimiques convient aux salariés qui doivent comprendre les dangers et adopter les bons réflexes.
Des formations plus ciblées permettent d’apprendre à exploiter les FDS, comprendre l’étiquetage CLP, gérer les agents CMR ou conduire une évaluation avec SEIRICH. Les formations France Chimie N1 ou N2 et GIES répondent quant à elles à des exigences propres à certaines interventions sur des sites industriels.
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